Fondation Saint-John Perse
Cité du Livre, Aix-en-Provence
du mardi au samedi, de 14 h à 18 h

Exposition de Colette Brunschwig

A partir de rien

 

16 septembre au 21 novembre 2009

Carton d'invitation
Affiche
Photos du vernissage

Vernissage le mercredi 16 septembre à 19 h

salle Dorothy Leger de la Fondation Saint-John Perse

                                                                                                                   

précédé d'un entretien de l'artiste avec Jacques Perrin sur le thème "Image / Non image".
salle "'Adulte" de la Bibliothèque Méjanes.

 

 

Son travail de peintre est, selon Colette Brunschwig, inséparable de son travail d’écriture, lequel doit s’entendre sur deux registres : d’une part celui d’une réflexion théorique sur l’art, d’autre part celui du geste graphique dont les signes s’inscrivent en écho à la poésie orientale, où « l’écriture et la peinture s’entrecroisent ».

Elle en explique la découverte : 

« Un jour, dans son atelier, je rencontrai un peintre coréen. Penché sur une grande table basse. Il traçait sur de grands papiers des signes larges et beaux, et, ceux-là, pleins des significations d’un langage véritable.

Un monde inconnu s’ouvrait à mes yeux. Je découvris que les peintres chinois lettrés du XI° et du XII° siècle et plus tard ceux du XVII° siècle, étaient en fait nos contemporains : Mi Fou, Chu-Ta, Wang-Wei, Shi-Tao et tant d’autres. […] Il me vint à l’idée d’essayer de regarder les mots dans la forme si concentrée et si abstraite de l’écriture imprimée que nous connaissons. Seule l’attention flottante, celle qui ne fixe pas tout à fait le sens et la forme, pouvait peut-être y parvenir… »

 

Quelques mots de Colette Brunschwig en guise de présentation :

Pour les gens de ma génération, le métier de peintre a été une façon de vivre.

Deux ou trois fois, j’ai fait halte pour essayer de comprendre ce que je faisais,

et remonter les degrés de l’impossible : peindre, écrire, parler, comprendre :

c’est ce que je veux faire encore à présent, bien qu’ayant depuis longtemps dépassé « le milieu du chemin »[1].

Lorsque pour la première fois je m’y suis fourvoyée, la guerre venait d’éteindre ses feux, laissant ses traces, ici, des amoncellements de cadavres, et là,

des paysages carbonisés.

A cette zone de l’activité humaine qu’on appelle « art » survient, à ce moment,

un événement aussi silencieux qu’éclatant : notre génération était appelée

à représenter l’image de la disparition de l’image, négation de la négation.

Dans les annales de la culture contemporaine, cette génération,

celle des années cinquante,

la mienne, a été nommée, « la génération blanche » :

comment y avons-nous été amenées ?

comment l’avons-nous vécu ?

comment l’ai-je vécu ?

comment percevons-nous la continuité, après cette rupture ?

c’est à Henri Michaux que je laisse l’expression de ce vœu :

« Je voudrais un continuum.
Un continuum comme un murmure qui ne finit pas,
semblable à la vie, qui est ce qui nous continue,
plus important que toute qualité »[2].


[1] Dante, L’Enfer.

[2] Henri Michaux, Emergences - Résurgences.

 

Biographie

Colette Brunschwig est née au Havre en 1927.

Réfugiée dans le sud-ouest de la France pendant la deuxième guerre mondiale. Rencontre avec deux maîtres, un peintre tchécoslovaque réfugié (École de Berlin), un professeur des Beaux-Arts de l'École de Paris.

Vient habiter Paris en 1945.

Formation classique, École des Beaux-Arts de Paris et atelier André Lhote.

Travaille pendant 15 ans librement et rencontre des peintres, des écrivains, des philosophes et des poètes.

Première exposition en 1952 à la galerie Colette Allendy, où se retrouvent des peintres d'avant et d'après-guerre qui vont compter dans l'École de Paris.

Puis expositions aux Salons de Mai où viennent exposer les peintres d’Europe et des États-Unis.

Depuis 1970, expositions tous les deux ans, choix d’une voie, parmi les innombrables champs de l’art en expansion : voie de l’abstraction lyrique (Soulages, Pollock, Kline, etc.) et de l'écriture automatique (Michaux, Masson). Entreprend deux œuvres parallèles, œuvres sur toile et œuvres sur papier, car, comme l’affirme Balthus, « il n’y a pas, dans l’art contemporain, de peintres qui ne soient à la fois d’Orient et d’Occident». Ouverture sur l’art Chinois.

S’intéresse aux livres, à la fois pour en écrire et pour les enluminer.

Ces dernières années, a trouvé une sorte de niche écologique dans différentes universités, Poitiers, Nimègue, Chicago, Oregon, Shanghaï.

Écrit parallèlement sur le développement de l’art contemporain en général et sur son travail, en particulier.

Vit et travaille aujourd’hui à Paris.

 

Parmi les très nombreuses expositions personnelles et collectives qui ont eu lieu, depuis 1952, en France et à l’étranger , citons des exemples récents :

 

          - 1994-1996 : Galerie Clivages, Paris
          - 1995-1998 : Galerie Bernard Bouche, Paris
          - 1999-2001 : Galerie Lambert Rouland, Paris
          - 2001-2003 : Galerie Vieille du Temple, Paris
          - 2002 : Université de Poitiers
          - 2003 : Université de Nimègue
          - 2004-2006 : Espace AREA, Caen
          - 2007 : Jordan Schnitzer Museum of Art, Université d’Oregon, USA
          - 2007 : White Lotus Gallery, Eugene-Oregon, USA

          - 2008 : Galerie Olivier Nouvellet, Paris

 

Les œuvres de Colette Brunschwig figurent dans un grand nombre de collections publiques (Musée National d’Art moderne, Musée des Beaux-Arts de Caen, Centre Georges Pompidou, FNAC) et privées (France, Grande Bretagne, USA, Japon, Israël, Canada, Suède, Belgique). 

 

 

 

 

Site de Colette Brunschwig : http://www.colette-brunschwig.com/

(en français et en anglais)

Contact :
Fondation Saint-John Perse
Tél. : 04 42 91 98 85
Mél. :
fondationsaintjohnperse@wanadoo.fr