Jean-Pierre Schneider, Suites.
Exposition du mardi au samedi de 13h à 18h du 20 mai au 29 août 2026.
Bibliothèque patrimoniale et Archives municipales Michel-Vovelle
25, allée de Philadelphie – Aix-en-Provence
Il faut abandonner le tableau que l’on voulait faire
pour celui qui est en train de se faire.
— Claude Simon
Tout est suite. Comme celle des jours et des nuits qui nous font.
Les livres que nous écrivons, les tableaux que nous peignons, sont le prolongement de ceux écrits et peints par les artistes qui nous ont précédés.
Nos livres déjà édités et nos tableaux exposés sont les appuis sur lesquels se fondent les suivant, soit par liaison soit par opposition. Ils dépendent les uns des autres.
Le même n’étant jamais le même, le replacer le jour d’après dans un espace tout autre, un autre voisinage, changer l’angle ou le point de vue, le révèle autrement.
La suite va même se nicher dans la phrase ou le vers amorcé, dans le tableau entamé. Les quelques mots déjà griffonnés, les premiers coups de pinceaux posés, attendent et génèrent les suivants.
Attendre ce qui suit. Accepter de ne pas connaître l’exacte suite ni son achèvement. Être aux aguets de ce qui pourrait advenir. En prendre le risque. Se pencher : juste une intuition pour que la pensée se forme. Ce qui suivra est encore au futur proche. Nous sommes dans un présent immédiat, le buste en avant.
C’est ainsi que l’œuvre se fait.
« Il me faut du temps pour aborder un sujet. Quand il s’impose, je le décline d’une toile à l’autre dans des espaces, des surfaces, des chromatiques différentes de manière à ce que le sujet soit modifié par elles et réciproquement. Je les nomme suites.
Les cinq premières de cette exposition ont pour genèse et dénominateur commun une forme géométrique (le carré ou le cercle). Elles sont nées de la nécessité picturale du moment. Ces formes ont imposé les sujets à savoir le canal et ses portes, les chaises et leurs assises, les livres et leurs angles, les maisons et leurs toitures triangulaires, la jarre et ses lèvres rondes.
Les quatre autres sont liées à notre histoire de l’art. Elles sont la reprise de tableaux de grands maîtres, peints avec les outils d’aujourd’hui à savoir ceux d’une certaine abstraction :
Madame de Valpinçon, d’après la baigneuse d’Ingres, L’homme penché d’après le Christ à la colonne de Caravage, à Rembrandt d’après ses autoportraits et la nappe de Paul d’après des natures mortes de Cézanne.
Deux approches différenciées pour suivre et poursuivre le temps de peindre. »
— Jean-Pierre Schneider


