René Char : les rencontres d’un collectionneur

Du 23 novembre 2019 au 5 mars 2020
Vernissage de l’exposition samedi 23 novembre à 18 h 30

Pourquoi collectionner tout ce qui peut toucher à un écrivain que l’on considère comme ayant eu une influence majeure sur notre vie, notre vision du monde, notre pensée et notre esthétisme alors que lire et relire ses écrits paraissent l’essentiel ?
Oui et non. Car si la lecture est la source toujours vive d’émotions, idées et vagabondages suggérés par cet auteur, il est possible de ressentir comme un besoin de sa présence en s’entourant de choses qui nous renvoient son image.
Collectionner, c’est comme faire du chemin avec lui en recherchant ce qui l’évoque et ce à quoi nous sommes le plus sensibles. Il y a un va et vient continuel entre l’auteur, ses écrits et ses objets qui enrichit l’œuvre et nous la fait mieux connaître.
Il est vrai qu’avec son œuvre, le foisonnement de sa vie, ses combats, sa position dans le milieu littéraire et artistique, son sens de la nature et son enracinement dans les « paysages premiers », Char se prête admirablement à la collection.
« Nous faisons nos chemins comme le feu ses étincelles » dit Char. Et ces étincelles peuvent être, alors, les éditions rares, les manuscrits, les gravures et toutes ces traces de son passage ici-bas.
En ce sens, – cette recherche d’une présence quasi quotidienne du poète – point n’est besoin, dans la collection, de pièces extrêmement rares, mais des éditions emblématiques de son parcours, du regard des peintres aimés, des photos d’un environnement cher voire d’un simple caillou ramassé sur la route.
Char dit aussi : « un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver. »